La méditation - Dhyâna

L'état méditatif est un état où l'on n'est ni actif, ni passif ; on est juste présent, vigilant, dans le silence.

On se débarrasse de tout ce qui nous identifie aujourd’hui, de tous les jugements que l’on peut porter, qui eux-mêmes génèrent des émotions.

Laisser place au silence, c'est créer un espace.fécond.

Naître au silence, c'est naître à l'essentiel.

Etre en état méditatif, c'est être dans la totalité de notre être et goûter à une autre qualité d'énergie.

L’état méditatif pur ne demande pas d’effort, il nous suffit de laisser le mental au repos pour mieux se connaître. Ne pas rechercher quelque chose, ne pas rechercher une expérience.

 

Mais, c’est parfois difficile d’installer le silence sans aucunes pensées .

C’est pourquoi, on pratique des techniques respiratoires (pranayama) et de concentration pour pouvoir ensuite avoir la chance de glisser dans cet état de silence.

"Le silence n'est pas une absence de bruit, mais un état d'être que le bruit ne dérange pas". K.G. Dürckheim 

 

Les techniques respiratoires -  Pranayama

Selon les yogis, le prâna est présent dans l'air, et pourtant il n'est ni l'oxygène, ni l'azote, ni aucun constituant chimique de l'atmosphère.

Le prâna existe dans la nourriture, dans l'eau, dans la lumière solaire, et cependant il n'est ni les vitamines, ni la chaleur, ni les rayons ultra-violets.

Le prâna est pourtant notre véritable nourriture, car sans prâna, aucune vie n'est possible.

Ce qui caractérise la vie, c'est sa capacité à attirer du prâna en soi, de l'y accumuler et de le transformer pour agir dans le milieu intérieur et dans le monde extérieur.

Le pranayama est une science qui nous permet de diriger à volonté ce courant de prâna par la pensée, et nous ouvre ainsi un accès conscient aux sources mêmes de la vie.

« Quand la respiration est irrégulière le mental est agité, mais quand la respiration est calme le mental aussi est calme et le yogi obtient le pouvoir du silence. Donc il faudrait retenir le souffle. » (Hatha Yoga Pradipika)

 

Le retrait des sens - Pratyâhâra et la concentration - Dharana 

Les causes principales de l'agitation et de l'instabilité du mental sont liées essentiellement aux perceptions sensorielles, qui vont agiter les données personnelles (émotives) dans la mémoire.

Les perceptions sensorielles sollicitant les pensées sont la vue, le son, le toucher, l'odorat et le goût.

L'objectif sera dans un premier temps de retourner ces sensations extérieures vers l'intérieur par des techniques qui permettent le retrait des sens.

Puis vient le moment de la concentration pour dompter l'agitation mentale, en fixant notre attention mentale sur un support (le souffle, les énergies, une partie du corps, l'instant présent, un objet extérieur à soi).

Toutefois, nous devrons veiller à ce que cette concentration soit sans effort, plus de l’ordre de l’observation,de la contemplation.

On retrouve à nouveau la notion forte du yoga : l’effort sans effort.

 

La méditation commence là où s'arrête la concentration.

Dans la méditation, nous serons guidés par l'intuition, ou l'amour... vers le Silence, où tout est en union, dehors/dedans, passé/futur, être/non-être, où nous serons seul(e) face à nous-même.

"Quand toutes les productions mentales ont été arrêtées et qu'il n'y a plus trace d'aucune activité, une dissolution indescriptible surgit, compréhensible uniquement pour qui l'a expérimentée, inexprimable en mots." Hatha-yoga pradipika IV-32